Aujourd’hui les petits problèmes d’organisation commencent à trouver leurs solutions. Le véhicule nous attendait à l’heure… La salle informatique que nous n’avons pas pu utiliser la veille, est disponible sur le temps de travail réclamé : 9h à 17h. (À savoir que les étudiants ont l’habitude de travailler pendant le semestre d’été de 8h à 14h). En somme, tout à l’air de commencer à s’organiser véritablement.
Grande journée de cours sous la houlette de Stéphane. Le travail demandé la veille a bien été effectué par tous nos stagiaires, même si, pour certains, ce n’est pas simple de trouver un ordinateur qui fonctionne ou une liaison Internet correcte. Cela dit, presque tous les étudiants ont un ordinateur et Internet chez eux… Étonnant, par rapport à l’idée qu’on peut se faire d’une région si perturbée !
Après un cours magistral de 2 h, les étudiants commencent à manipuler et à faire des recherches sur le net. Les sujets de sites à construire sont maintenant définis : Histoire de la vieille ville de Naplouse, La Chorale de Naplouse (groupe de musique traditionnelle dont fait partie Zena), 100 ans de conflit, Relations inter palestinienne, Club des Etudiants francophones de Naplouse. Beau programme en perspective qui nous fait ressentir un peu plus l’amour de ces étudiants pour leur ville et pour leur nation.
Pendant que Stéphane travaille avec l’ensemble des groupes, Jean-Luc, Jean-Yves et moi-même commençons des entretiens individuels qui vont nous permettre de connaître un peu mieux chacun et d’établir une fiche avec des renseignements qui serviront pour le suivi des projets après notre départ. Nous commençons par les candidates « repérées » qui pourront suivre la Licence Pro à Cergy cette année. Que des filles ! Ce n’est pas un choix délibéré de notre part, mais les garçons francophones présents ont encore un semestre d’étude à effectuer à la fac de Naplouse.
Le choix va être difficile, nous n’avons officiellement que 2 bourses et 3 jeunes filles candidates qui répondent à tous les critères. Elles misent énormément sur cette année d’étude en France pour leur avenir… Laquelle doit-on pénaliser ? Longue discussion entre nous à l’issue des entretiens et nous décidons de tout faire pour essayer de trouver une 3ème bourse, Jean-Yves s’atèle à la tâche dès demain matin auprès du consulat et de notre correspondant Sébastien (celui qui nous a accueilli à Jérusalem à notre arrivée). Inchallah !
18h : nous voilà de retour à l’appartement après avoir effectué quelques courses, petite « écroulade » dans les fauteuils, le coucher de soleil est magnifique ! Notre ange gardien doc B. nous rend une visite accompagnée par un ami francophone, prof en sociologie à la fac et nous décidons d’aller manger en ville. A six, dans la petite voiture de notre ange gardien, nous voilà partis… encastrés entre les portières arrière. Heureusement le petit restaurant populaire où nous nous arrêtons n’est pas trop loin …
Après un repas copieux, comme d’habitude, nous payons la note… visiblement salée à la vue de doc B. et de son ami ! Nous voilà repartis, encastrés dans la voiture et là nous sentons à la conversation de nos 2 amis palestiniens que la note (salée) n’est pas passée ! Insupportable pour eux d’imaginer que les commerçants augmentent leur prix parce qu’on est français…


Nous sommes allés sur les hauteurs pour admirer le panorama qui s’étend de Naplouse à Tel-Aviv et nous pouvions deviner le littoral méditerranéen, des multitudes de petites lumières jaunes, blanches et rouges... le paysage nocturne devant nos yeux, ne laisse apparaître aucune frontière, aucun mur… juste des petites lumières ! Il est 23h, les véhicules blindés israéliens entrent dans la vieille ville….